Centrafrique : Une hausse de 10% des VBG depuis le 1er cas de la Covid-19

(1. 131 cas traités de janvier à mai 2020 dont 66 viols )

Des femmes leaders de la société civile de la République centrafricaine se sont engagées dans la lutte contre les violences basées sur le genre en période de la Covid-19 avec l’appui du Programme des nations unies pour le développement (Pnud) de la Centrafrique.

Entre janvier et mars 2020, 10 Commissariats de Police, 3 Brigades de Gendarmerie et 3 unités spécialisées dont l’Unité Mixte de Répression Rapide contre les violences faites aux femmes et aux enfants (UMIRR) ont enregistré 189 cas de Violences basées sur le genre (VBG). D’avril à mai 2020, 208 cas de VBG ont été enregistrés. Ceci démontre une hausse de 10% des crimes et délits commis sur les femmes après la détection du 1er cas Covid19 en RCA le 14 avril 2020. On note également une évolution de 69% des cas de coups et blessures volontaires commis sur les femmes et les enfants, suivis par les cas de violences et voies de fait (+45%) et les cas de viol (+27%). Ceci, selon le rapport de la section analyse criminelle de la Police des Nations Unies, MINUSCA, de juin 2020.

« De janvier à mai 2020, nous avons reçu et traité au sein de notre association 1. 131 cas de VBG. Parmi ces cas figurent 66 cas des femmes et filles victimes de viol et aussi 179 cas d’agressions physiques dont 156 femmes et filles ont été victimes. Nous avons aussi reçu un cas de mariage forcé. En comparaison à l’année dernière en 2019, nous avions pour toute l’année reçu 2. 653 cas de VBG dont 12% étaient des cas de violences sexuelles », a confié la présidente de l’Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC), Nadia Carine Fornel Poutou.  

« En dépit des progrès réalisés dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, les pratiques néfastes et le mariage d’enfant, la situation des VBG était déjà préoccupante avant la pandémie du Corona Virus eu égard à leur ampleur et à l’insuffisance de la prise en charge holistique. Il ne fait aucun doute que les conséquences de cette crise sanitaire aient un lien étroit avec l’évolution fulgurante des VBG. Ainsi, la situation des femmes et des filles doit être soulignée notamment en ce qui concerne les risques liés aux mauvais traitements, à la violence basée sur le genre et à l’exploitation & abus sexuelle, à la santé mentale, aux droits humains y compris la santé sexuelle et reproductive », a soutenu le Directeur général de la Promotion du genre et de la femme, Théodore Koinam.

En Centrafrique, les Violences basées sur le genre constituent l’une des violations des droits humains les plus répandues. La pandémie du Coronavirus pourrait exacerber les conditions de vie des femmes avec des impacts sanitaires, économiques, sociopolitiques différenciés. Il est notamment constaté depuis le début de la crise, l’augmentation des violences contre les femmes et l’affaiblissement du soutien aux survivants en raison des mesures de restriction des mouvements et de l’arrêt des programmes, l’augmentation considérable de la charge de travail non rémunéré pour les femmes et les filles, et enfin, l’augmentation des écarts entre les sexes en matière d’accès aux moyens de subsistance ; plusieurs femmes travaillant principalement dans le secteur informel.

Pour faire face à la pandémie, la stratégie du Pnud en RCA est articulée sur trois piliers : la prévention, la réponse inclusive et le relèvement & résilience. Les questions spécifiques à l’égalité de genre et d’autonomisation des femmes constituent un des points forts de la réponse : premièrement en plaidant pour une participation accrue des femmes aux mécanismes de coordination, de planification et de gestion de l’épidémie. Deuxièmement, en mobilisant et engageant les communautés locales et les organisations dirigées par des femmes et des filles pour la prévention contre le Covid-19 et la protection des groupes vulnérables. Troisièmement, en s’assurant que la collecte et l’analyse des données sur l’impact socioéconomique sur de la crise de la Covid-19 prennent en compte la dimension genre et que les moyens de subsistance pour réduire l’impact de la crise sont adaptés à toutes les catégories, jeunes, hommes, femmes et autres personnes vulnérables.

Une campagne de sensibilisation de la population et particulièrement des femmes sur la lutte contre les Violences basées sur le genre en période de la Covid-19 a été lancée pour 1 mois le 15 juin 2020 en collaboration avec la Direction Générale de la Promotion du Genre et de la Femme ainsi que les femmes leaders des organisations locales dirigées par des femmes, membres de la Société civile de la République Centrafricaine (SCRCA). Une caravane de sensibilisation, des affiches et flyers de sensibilisation en français, un sketch et deux spots de sensibilisations en langue locale Sango sont diffusés sur les réseaux sociaux du PNUD, les médias locaux et les radios communautaires pour sensibiliser sur i) les mesures barrières de prévention de la maladie du Covid-19 et ii) les formes de violences basées sur le genre subies par les femmes  en cette période et iii) les voix de recours juridiques et judiciaires disponibles en RCA.

Source : Pnud RCA

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