Journée sans sac plastique : Etat des lieux et perspectives au Bénin par Dr Harry Viderot

Dr Harry Viderot

Les désagréments occasionnés par la prolifération des sacs en plastique sont légion et c’est un secret de polichinelle qu’à moins que la donne ne change, le monde court vers des dangers incommensurables. C’est sur la base de ce triste constat que la journée du 3 juillet a été retenue pour célébrer la lutte contre les sacs plastiques. Toutefois, si le combat semble se concrétiser, jour après jour, dans les nations développées, il n’en demeure pas moins évident qu’en Afrique noire, il reste du pain sur la planche.

A travers une contribution parvenue à notre rédaction, le directeur du cabinet ‘’Talent Incubator’’, spécialiste des Objectifs pour le développement durable (ODD), fait une incursion au cœur de la problématique des sacs plastiques au Bénin et en Afrique. Lire ci-dessous, l’intégralité de sa contribution.

Contribution de Harry Viderot

Les sacs en plastique semblent devenus incontournables dans les habitudes des populations du Bénin et d’Afrique noire en général. La majorité de ces sacs est rejetée dans la nature et contribuent à la pollution de la planète. Il ne s’agit plus aujourd’hui de réduire la consommation de sacs plastiques, mais bien de la stopper.

Le mercredi 3 juillet, se célèbre la journée mondiale sans sac plastique. Quelle meilleure occasion pour revenir sur le danger que représente le plastique pour la nature et les humains au Bénin et en Afrique ? Car, les statistiques sont affolantes. Au total, 9 milliards de tonnes de plastiques ont été produites dans le monde depuis 1950. Une accumulation d’autant plus inquiétante que les plastiques mettent plus de 1.000 ans à se décomposer. Si c’est un fléau pour la santé, ça l’est aussi pour l’environnement. Ainsi, plus d’un million et demi d’animaux en meurent chaque année. Et l’ONU estime que d’ici à 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans.

Origine du plastique

Le premier plastique obtenu à partir d’une matière naturelle, la cellulose (du coton), a été fabriqué vers 1860 pour remplacer l’ivoire présent dans les boules de billard. Philippe Chalmin, professeur d’économie à l’université Paris Dauphine, indique, sur ‘’France Culture’’ le 10 juin 2019, qu’à l’époque, « on ne parle pas encore de matière plastique ». Le terme « matière plastique’’ a été utilisé, semble-t-il, pour la première fois par un Belge. Il s’agit du chimiste Léo Hendrick Baekeland, l’inventeur du premier plastique synthétique, la bakélite. En 2016, la production de plastique a atteint 396 millions de tonnes, soit l’équivalent de 53 kilos pour chaque habitant de la planète, et elle a entraîné des émissions de dioxyde de carbone d’environ deux milliards de tonnes, soit près de 6 % du total des émissions de dioxyde de carbone de l’année, rappelle notamment le document d’une quarantaine de pages élaboré par l’association de protection de l’environnement. La moitié de l’ensemble du plastique produit depuis 1950 sur la planète l’a été entre 2000 et 2016, relève-t-on. Et, « si aucune mesure n’est prise », la production de ce matériau pourrait augmenter de 40 % d’ici 2030.

Une prise de conscience mondiale

Le sac plastique à usage unique est devenu le symbole de notre société de consommation. Utilisé en grand nombre pour une utilité limitée, ce sac se retrouve sur le littoral et dans les océans et a des conséquences avérées sur le milieu marin. Depuis quelques années on constate une prise de conscience internationale concernant la problématique du sac plastique à usage unique. Dans le monde, 127 pays ont une législation régissant d’une manière ou d’une autre, l’usage des sacs en plastique, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Parmi eux, 91 pays dont 34 en Afrique et 29 en Europe, interdisent ou limitent la production, l’importation ou la distribution commerciale.

Par quoi remplacer le plastique ?

Plusieurs alternatives ont fait leur apparition, comme le bambou, la fibre de maïs, ou des sacs à partir d’algues. « On n’a pas de solutions simples pour gérer de façon efficace, la totalité des déchets plastiques », assure Nathalie Gontard pour qui « il n’existe pas de solution miracle avec un matériau qui va remplacer tous les plastiques ». La croisade contre l’utilisation des sacs plastiques entre symboliquement dans cette logique de réduction des déchets.

Quelques alternatives proposées

Réduire le recours au sac plastique ; éviter au maximum les aliments suremballés ; autant que possible, acheter les aliments en grande quantité ; avoir toujours un sac réutilisable en tissu ; se rendre dans les magasins en vrac pour faire le plein d’aliments secs (noix, farine, fruits séchés etc.) et utiliser des pots de verre pour stocker ces derniers ; sensibiliser les populations pour une non utilisation des sachets plastiques… (Viderot et Sogbossi, 2020).

 Dr Harry VIDEROT, Directeur du cabinet TALENT INCUBATOR, Consultant indépendant en management des entreprises et organisations

Source : L’économiste du Bénin, parution du vendredi 3 juillet 2020

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