Covid-19 : L’Afrique du sud s’achemine-t-elle vers une reprise des violences xénophobes ?

Le président de l'Afrique du sud, Cyril Ramaphosa

L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus atteints par le coronavirus sur le continent. Avec la crise économique engendrée par la Covid-19, la récession que traverse le pays n’arrange pas les affaires de cette nation. Mieux, elle le précipite au bord du naufrage économique. Et comme par le passé, dans cette situation, les sud africains ont toujours recours à la xénophobie.

La communauté internationale doit se mobiliser rapidement pour éviter la reprise des violences xénophobes en Afrique du sud. Car, comme le soutiennent les scientifiques « Dans les Conditions normales de température et de pression, les mêmes causes produisent les mêmes effets ». En effet, la nation arc en ciel traverse une situation assez difficile sur le plan socioéconomique. D’une part, elle fait face à la pire récession économique jamais connue en 90 ans. L’économie sud africaine devrait se contracter de 7,2% en 2020 à cause de la pandémie de coronavirus. Les résultats publiés le mardi 30 juin 2020, par l’agence nationale des statistiques (Stats SA), sur la période allant du 1er janvier 2020 au 31 mars 2020, font état d’une économie qui s’est contractée pour le troisième trimestre consécutif en enregistrant une baisse de 2% du Produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre 2020. Or le PIB de l’Afrique du sud s’était déjà contracté de 0,8% et 1,4% respectivement aux troisième et quatrième trimestres 2019. Cela s’explique sur le terrain par une hausse du prix des produits de base. Ce qui crée, comme à l’accoutumée, la frustration chez les populations.

Vers une hausse de la criminalité et des protestations sociales

L’effondrement de l’économie sud-africaine, en partie à cause du Covid-19, devrait entraîner une hausse de la criminalité et des protestations sociales dans le pays, ont indiqué, mardi 30 juin 2020, des experts et chercheurs des universités sud-africaines. Les inégalités croissantes, la pauvreté et le chômage ont été exacerbés par la pandémie, affectant plus particulièrement les couches sociales les plus vulnérables, a noté la professeure de sociologie à l’Université de Stellenbosch (Cap Occidental), Lindy Heinecken. « Cette situation alimentera la colère et le ressentiment, à moins que l’État ne soit en mesure de mettre en place des mesures suffisantes pour atténuer le mécontentement des populations », a-t-elle confié. L’Afrique du Sud verra « une plus grande instabilité politique, économique et sociale et il faudra un leadership et un engagement, forts pour relever les défis qui en découlent », a conclu la sociologue. A sa suite, le chercheur au sein de l’Institut d’études de sécurité (ISS), Rudolph Zinn, a abondé dans le même sens. « Les prévisions d’une hausse de 21 % du taux de chômage au cours des prochains mois pourrait entraîner une augmentation considérable des crimes violents », a-t-il affirmé. Pour finir, la professeure à l’Université de Stellenbosch, Anika Berning, a soutenu, quant à elle, que l’économie sud-africaine, déjà en récession, continuerait de crouler sous le poids de la crise sanitaire. « Avant la pandémie, le pays avait un taux de chômage de 29,1%, mais selon la Chambre de commerce sud-africaine, ce taux pourrait atteindre 50% », s’est-elle alarmée.

Coutumiers du fait

Une frange de la population sud africaine a toujours pris pour cible les étrangers africains en temps de crise économique. Mais il convient de rappeler que tout part souvent des propos xénophobes que tiennent des dirigeants et responsables traditionnels pour déclencher la furia des populations. En effet, ceux-ci se dédouanent sur les étrangers en attestant de ce que c’est parce qu’ils prennent tous les emplois des citoyens sud africains que ceux-ci sont au chômage. Reste à savoir si dans le contexte actuel, les couches vulnérables attendront les consignes des autorités avant de déclencher la meute.

Claude TOSSOU

166

Be the first to comment on "Covid-19 : L’Afrique du sud s’achemine-t-elle vers une reprise des violences xénophobes ?"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*