UNFPA : 4,1 millions de filles victimes de MGF, 1 mariage sur 5 est celui d’une mineure

(Un déficit de près de 140 millions de femmes dans le monde)

Les conclusions du rapport  2020 du Fnuap sur l’État de la population mondiale ont été publiées le mardi 30 juin 2020. Dans ce document, il est abordé les questions relatives à l’origine et l’étendue des pratiques néfastes dans le monde, ainsi que les actions à mettre en œuvre pour les restreindre voire les éliminer. Ci-dessous, le décryptage de quelques pratiques.

Le mariage d’enfants, les mutilations génitales féminines (MGF) et la préférence pour les fils sont profondément et durablement néfastes. Elles peuvent même provoquer la mort. Ces pratiques ne sont pourtant généralement pas destinées à nuire. Elles sont plutôt perçues comme étant dans l’intérêt de la famille ou de celui de la fille elle-même.

Le mariage d’enfants peut viser à assurer l’avenir de la jeune fille en faisant la responsabilité de sa belle-famille. Il est parfois vu comme une manière de protéger la violence sexuelle ou comme un moyen de préserver sa réputation si elle tombe enceinte. Les MGF sont souvent pratiquées pour assurer l’acceptation de la jeune fille par son futur mari ou même par la communauté. Les familles peuvent choisir d’avoir des garçons plutôt que des filles si elles font partie des communautés où les garçons sont chargés une fois adultes de s’occuper de leurs parents vieillis, ou de perpétuer le patronyme. «Ces bonnes intentions n’ont cependant aucune valeur pour la jeune fille qui devra abandonner sa scolarité et ses amis pour être mariée de force, ou pour celle qui connaîtra toute sa vie des problèmes de santé à cause des mutilations subies en déguisement de passage », déclare la directrice du Fnuap, Dr Natalia Kanem dans sa préface du rapport.

De façon générale, le nombre de filles et de femmes affectées par ces pratiques est vertigineux, et dans certains cas, il est même en augmentation. En 2020, 4,1 millions de filles ont subi de subir des MGF. Un mariage sur cinq est aujourd’hui celui d’une épouse enfant. La préférence pour les fils a provoqué un déficit de près de 140 millions de femmes.

Bien que les efforts pour mettre fin à ces pratiques néfastes donnent des résultats, le nombre de filles qui subissent le mariage d’enfants et les MGF augmente de façon générale, à cause de l’augmentation de la population dans les pays où la prévalence de ces pratiques est très forte.

Des pistes de solutions

«Au-delà d’informer et de créer des espaces de discussion, il faut également, au niveau collectif, se mettre explicitement d’accord sur l’amélioration de la santé et du bien-être des filles et des communautés, ce qui a permis d’appuyer le mouvement visant à éliminer les normes discriminatoires et néfastes », a expliqué une  experte des pratiques néfastes et spécialiste culturelle qui travaille avec le Fnuap Nafissatou Diop. «Le contexte a une importance capitale. Il n’existe pas d’approche universelle… Nous voyons émerger des personnes qui ont de l’importance, qui ne sont pas seulement des leaders politiques ou des figures éminentes de leur communauté. Non seulement cela nous donne de l’espoir, mais cela prouve que les décisions collectives pour changer les comportements peuvent rapidement transformer les normes sociales », a-t-elle conclu.

Luc TOSSOU

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