La qualité du recrutement, la première marche du succès

La marche vers la réalisation des performances au sein d’une entreprise n’est pas chose aisée. Certes, il est à mettre à l’actif de la performance le fait de voir un individu se jeter à l’eau de l’entrepreneuriat dans le contexte africain où l’accompagnement relève, à en croire la majorité des entrepreneurs, presque du mythe. Mais une fois lancé, l’entrepreneur est condamné à grandir sinon, tout au moins, à réaliser assez de bénéfices pour supporter ses charges et faire des économies en vue de faire face aux intempéries. Et pour ce faire, il doit avoir les ressources humaines qu’il faut. C’est à cette problématique que je m’attaque dans l’exercice de l’éditorial de ce jour.

La qualité des hommes et femmes, pour ne pas me faire appeler macho, qui travaillent au sein d’une entreprise, détermine les performances que va accomplir cette dernière. Certes, cela est mentionné dans presque tous les bouquins qui traitent de l’entrepreneuriat mais, qu’en est-il réellement au Bénin ? Face au constat accablant fait au quotidien sur le terrain, il est important d’en reparler. Car de nombreuses entreprises béninoises et africaines disparaissent progressivement simplement parce que le recrutement effectué n’a pas été à la taille des ambitions. Et les raisons sont nombreuses.

Une équipe composée d’employés triés sur le volet grâce à leurs compétences, permet à l’entreprise de fonctionner comme sur des roulettes. Et dans ces conditions, les performances deviennent des actes ordinaires. Car, des hommes et femmes bien formés, motivés et expérimentés ne travaillent pas en premier lieu pour l’entreprise mais, pour eux-mêmes. En Afrique, il est rare de voir des employés démontrer par A+B que l’hypothèse de leur employeur n’est pas la bonne. Il est déjà assez rare de voir un employé dire à son patron que celui-ci se trompe. Pourtant c’est monnaie courante chez les cadres qui savent ce qu’ils veulent et qui ont surtout une image à sauvegarder. Une bonne partie des employés africains soutiennent souvent que l’entreprise étant le patrimoine de l’employeur, il est libre de faire ce qu’il veut. Mais un travailleur qualifié qui veut préserver sa réputation renseigne son employeur de ce qu’il ne peut participer à la prise d’une décision néfaste pour l’entreprise. Mais tenez-vous bien ! Le mot démission n’est pas dans le dictionnaire des travailleurs africains. Il faudrait travailler à l’y insérer. Mais ce serait sans effets. Car, les rares personnes qui ont démissionné pour des questions d’idéologie ont vite été déboutées par les autres chefs d’entreprises. Donc, mieux vaut rester là et se contenter de son salaire paraît-il. Et pour avoir fait l’expérience, je dis que ce n’est pas facile de se battre pour le bonheur de quelqu’un alors que ce dernier vous traite de tous les noms. Mais un bon africain finit toujours par reconnaître les mérites de celui qui disait vrai. Mais assez tardivement pour qu’il ne puisse pas revenir en arrière.

 La qualité des employés d’une entreprise permet de perpétuer cette dernière. En Afrique, il suffit que le propriétaire s’absente quelques jours pour que l’entreprise se mette sur le chemin de la banqueroute, pour ne pas dire qu’elle s’endette. Plusieurs de mes amis ont fait cette amère expérience. Et pas plus tard qu’il y a quelques mois, un ami s’est retrouvé devant des dettes après une maladie de quelques mois. « Je n’ai que des budgétivores comme collaborateurs. Ils ne savent que dépenser », m’a-t-il soufflé avec amertume. Et l’éternelle question de la qualité de l’éducation refait surface. Toutefois, en même temps que certains chefs d’entreprises convoitent des employés de qualité comme la prunelle de leurs yeux, d’autres ne misent que sur ceux qui obéiront sans piper mot. Et c’est là que l’Afrique échappe à tout rationalisme. 

Par Nafiou OGOUCHOLA

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