Le HCR s’indigne contre l’attaque d’un camp de déplacés au Cameroun

Le porte-parole du Haut commissariat des réfugiés (HCR), Babar Baloch a animé une conférence de presse le mardi 4 août 2020 au palais des Nations-Unies à Genève en Belgique. L’occasion était pour lui de s’appesantir sur l’attaque contre le camp de déplacés ayant fait 18 morts et 11 blessés au Cameroun.

L’agence des Nations-Unies pour les réfugiés a fermement a condamné une attaque délibérée et brutale survenue à l’aube dimanche 2 août 2020 contre un site accueillant 800 personnes déplacées internes près du village de Nguetchewe, dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun. Des assaillants ont lancé un engin explosif, peut-être une grenade, dans l’installation de fortune alors que les résidents dormaient. Certains des blessés ont été évacués vers l’hôpital du district de Mokolo, à une heure de route de Nguetchewe. Environ 1500 personnes, dont des habitants terrifiés du site d’accueil, ont fui vers la ville voisine de Mozogo en quête de sécurité.

Le HCR a déployé une équipe d’urgence pour évaluer la situation et les besoins en matière de protection et de santé pour les personnes touchées. Dans un contexte d’insécurité croissante, le HCR prévoit qu’une protection communautaire renforcée, des abris, de l’eau et des installations sanitaires seront nécessaires alors que le pays lutte contre la pandémie de Covid-19.

Le HCR appelle tous les acteurs à respecter le caractère civil et humanitaire des camps de déplacés internes, et à répondre rapidement aux besoins urgents des personnes qui ont fui la violence et subi de multiples déplacements. La région de l’Extrême-Nord, située entre les États nigérians de Borno et d’Adamawa et le lac Tchad, accueille actuellement 321 886 déplacés internes camerounais et 115 000 réfugiés nigérians. La violence dans la région du bassin du lac Tchad a déjà forcé plus de trois millions de personnes à fuir. 2,7 millions de personnes sont déplacées internes dans le nord-est du Nigéria, au Cameroun, au Tchad et au Niger, tandis que 292.682 réfugiés nigérians ont fui vers les pays voisins.

Depuis janvier 2020, le Cameroun a enregistré 87 attaques commises par Boko Haram au nord, dans la région frontalière avec le Nigéria. Vingt-deux d’entre elles ont eu lieu dans le seul district nord du Mozogo. Les violences de Boko Haram ont coûté la vie à 30.000 personnes et en ont déplacé environ deux millions d’autres au Nigéria, au Cameroun, au Niger et au Tchad.

Luc TOSSOU

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