Sida : l’anneau vaginal disponible en Afrique subsaharienne dès 2021

L’Onusida a félicité le mardi 28 juillet 2020, le Partenariat international pour les microbicides (IPM) de l’avis favorable octroyé par l’Agence européenne des médicaments (EMA) concernant l’anneau vaginal de « dapivirine », qui adapte la technologie médicale couramment utilisée comme dispositif contraceptif pour administrer le médicament antirétroviral afin de prévenir le VIH.  « L’Onusida se félicite des progrès réalisés pour mettre l’anneau de dapivirine à la disposition des femmes d’Afrique subsaharienne où environ 4.500 adolescentes et jeunes femmes sont infectées par le VIH chaque semaine », a déclaré la Directrice exécutive de l’Onusida, Winnie Byanyima.

Cet avis favorable intervient suite aux études de phase III qui ont évalué l’utilisation de l’anneau mensuel chez près de 4.600 femmes âgées de 18 à 45 ans au Malawi, en Afrique du Sud, en Ouganda et au Zimbabwe. L’étude « Ring », menée par l’IPM, a montré que l’anneau réduisait le risque global de 35 %, alors que l’étude « ASPIRE », menée par le partenaire d’essais cliniques de l’IPM, le National Institute of Health, et financé par le réseau d’essais de microbicides, a montré que l’anneau réduisait le risque global de 27 %.

L’anneau en plastique libère en moyenne chaque jour 7,5 milligrammes de ténofovir, un antirétroviral habituellement pris en comprimé, et 21 microgrammes de lévonorgestrel, le contraceptif. La proximité de l’anneau avec l’utérus et le lieu potentiel d’infection permet d’utiliser ces molécules en doses réduites. Les scientifiques se basent sur des recherches antérieures montrant que les gels vaginaux à base de ténofovir réduisent de 39 % le risque d’infection par le VIH. Mais, pour être efficace, cette protection doit être appliquée avant et après un rapport sexuel.

L’anneau pourrait offrir aux femmes de plus de 18 ans le premier outil à action prolongée qu’elles pourraient s’auto-administrer pour réduire le risque de contracter le VIH. L’IPM cherche à présent à obtenir des autorisations réglementaires en Afrique subsaharienne, la région la plus touchée par le VIH, où de nombreux pays reconnaissent l’avis de l’EMA. Étant donné l’urgence pour les femmes, avec une volonté politique forte et un financement, l’IPM estime que l’anneau pourrait commencer à être disponible en 2021 dans certaines communautés d’Afrique.

Plusieurs autres essais cliniques conduits

Deux autres tests cliniques, plus avancés mais procurant seulement une protection contre le VIH, sans contraceptif, ont été diligentés depuis avril et juillet 2012 dans l’est et le sud de l’Afrique, les régions les plus touchés par le sida au monde. Ces deux essais cliniques, ASPIRE et «The Ring Study», entendez l’étude de l’anneau, sont les premiers à tester un anneau contenant 25 milligrammes de dapivirine, un antirétroviral empêchant la réplication du virus du sida. Le dispositif doit être remplacé tous les mois. Au total, plus de 5000 femmes séronégatives âgées de 18 à 45 ans ont participé à ces études conduites en parallèle.

Daphnée OUNSOUGAN

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