Covid-19 : « Le premier traitement contre les cas graves, la Dexaméthasone, est en train d’être généralisé », dixit le DG de l’OMS

Le Directeur général de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus

(20 millions de cas enregistrés et 750.000 décès au 10 août 2020)

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), … a tenu un point de presse le lundi 10 août 2020. Dans sa déclaration parvenue à notre rédaction, il fait le point sur la Covid-19 et renseigne sur quelques observations. Lire ci-dessous, quelques extraits de ladite déclaration.

Extraits de la déclaration du DG de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus

… Derrière ces statistiques se cache beaucoup de douleur et de souffrances. Chaque vie perdue compte.

Je sais que beaucoup d’entre vous sont en deuil et que c’est un moment difficile pour le monde entier.

Permettez-moi toutefois d’être clair : il y a des lueurs d’espoir et peu importe le pays, la région, la ville ou le village, il n’est jamais trop tard pour inverser le cours de l’épidémie.

Il existe deux éléments essentiels pour lutter efficacement contre la pandémie : les dirigeants doivent redoubler d’efforts pour agir et les citoyens doivent adhérer à la mise en place de nouvelles mesures.

Certains pays de la région du Mékong, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda et de nombreux États insulaires des Caraïbes et du Pacifique ont été capables de supprimer le virus très vite.

La Nouvelle-Zélande est considérée comme un exemple mondial et, ce week-end, la Première ministre, Mme Jacinda Ardern a célébré les 100 jours sans transmission communautaire, tout en soulignant qu’il était important de demeurer prudent.

Les progrès accomplis par le Rwanda s’expliquent par une combinaison similaire de leadership solide, d’efforts de réalisation de la couverture sanitaire universelle, d’agents de santé bénéficiant d’un soutien adéquat et d’une communication de santé publique claire.

Tous les tests de dépistage de la COVID-19 ainsi que les traitements de la maladie sont gratuits au Rwanda, il n’existe donc aucun obstacle financier au dépistage des populations. Et lorsqu’une personne obtient un résultat positif, elle est placée en isolement et les agents de santé rendent ensuite visite à tous les contacts potentiels et les testent également.

Le fait de bien comprendre les principes de base permet de savoir où se trouve le virus et de prendre les mesures ciblées nécessaires pour supprimer la transmission et sauver des vies. Cela signifie que lorsque des cas sont identifiés, les pouvoirs publics peuvent rapidement mettre en œuvre des mesures ciblées et concentrer les efforts de lutte dans les zones qui en ont le plus besoin.

D’autres pays comme la France, l’Allemagne, la République de Corée, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni ont connu d’importantes flambées, mais lorsqu’ils ont pris des mesures, ils ont été en mesure de parvenir à une suppression du virus. De nombreux pays du monde utilisent désormais l’ensemble des outils à leur disposition pour s’attaquer à tout nouveau pic épidémique.

Ces derniers jours, le Premier ministre britannique, M. Boris Johnson, a appelé les habitants de certaines régions du nord de l’Angleterre à rester chez eux, car des groupes de cas ont été identifiés. En France, le Président de la République, M. Emmanuel Macron, a introduit le port du masque obligatoire dans les espaces extérieurs animés de Paris en réponse à une augmentation du nombre de cas. Des mesures solides et précises comme celles-ci, associées à l’utilisation de tous les outils à notre disposition, sont essentielles pour prévenir toute résurgence de la maladie et permettre une reprise des activités en toute sécurité dans les sociétés.

Même dans les pays où la transmission est intense, celle-ci peut être maîtrisée en adoptant une approche ‎impliquant l’ensemble du gouvernement et de la société dans le cadre de la riposte. Les chaînes de transmission ont été brisées par la combinaison d’une identification rapide de cas, d’une recherche exhaustive des contacts, de la fourniture de soins cliniques appropriés aux patients, de l’application de mesures de distanciation physique, du port de masque, du lavage régulier des mains et du respect des précautions en cas de toux.

Que les pays ou les régions aient réussi à éliminer le virus, à réduire la transmission à un faible niveau ou qu’ils soient encore en pleine flambée épidémique, il est temps désormais de déployer tous les efforts nécessaires, d’investir dans les bases de la santé publique et de sauver à la fois des vies et des moyens de subsistance. Les pays qui y sont parvenus ont utilisé une approche fondée sur le risque pour la réouverture de quelques segments des sociétés, notamment les écoles. Et ce faisant, ils doivent rester vigilants face à l’apparition possible de groupes de cas porteurs du virus.

Nous souhaitons tous la réouverture des écoles en toute sécurité, cependant nous devons aussi veiller à ce que les écoliers, le personnel et les membres du corps enseignant soient en sécurité. Le fondement de cette mesure repose sur une maîtrise appropriée de la transmission au sein de la communauté.

Mon message est très clair : supprimer, supprimer, supprimer le virus. Si nous parvenons à supprimer le virus efficacement, nous pourrons reprendre les activités en toute sécurité au sein de la société. Alors que les pays s’efforcent d’éliminer la maladie, nous devons accélérer davantage nos travaux pour développer et distribuer, de manière équitable, les outils supplémentaires dont nous avons besoin pour mettre fin à cette pandémie.

Il y a un peu plus de trois mois, nous avons lancé l’Accélérateur ACT comme moyen le plus rapide et le plus efficace d’y parvenir. Il s’agit de la seule solution mondiale de bout en bout associant l’expertise des secteurs public et privé dans le domaine de la recherche-développement, de la fabrication, de l’achat et de l’expédition des outils nécessaires pour s’attaquer à la cause de la pandémie. L’Accélérateur ACT a déjà permis de tirer parti de l’écosystème international de la santé publique selon une méthode de travail unique, avec des éléments précoces attestant de son potentiel.

Les vaccins soutenus par l’Accélérateur ACT sont en phase 2 et 3 des essais cliniques. Plus de 160 pays participent à un dispositif mondial pour les vaccins. Le premier traitement contre les cas graves de COVID – 19, la dexaméthasone, est en train d’être généralisé. Des dizaines d’autres traitements prometteurs sont en cours d’analyse.

Plus de 50 produits diagnostiques sont en cours d’évaluation, notamment des tests rapides de détection de l’antigène susceptibles de changer la donne. En outre, un cadre global régissant l’attribution de ces outils rares pour obtenir le plus grand impact à l’échelle mondiale, est en cours de consultation.

Les trois prochains mois représentent une occasion cruciale d’intensifier les travaux de l’Accélérateur ACT en vue de réaliser un impact mondial. Toutefois, pour tirer parti de cette opportunité, nous devons fondamentalement renforcer le mode de financement de l’Accélérateur ACT et accorder la priorité à l’utilisation de nouveaux outils. Il existe un immense fossé au niveau mondial entre notre ambition pour l’Accélérateur ACT et les fonds promis. Si nous sommes reconnaissants envers ceux qui ont apporté leur contribution, nous ne sommes qu’à 10 % du financement des milliards nécessaires pour concrétiser la promesse de l’accélérateur ACT. Et cela ne représente qu’une partie de l’investissement mondial nécessaire pour garantir que chacun, partout, puisse avoir accès à ces outils.

Pour les seuls vaccins, plus de 100 milliards de dollars des États-Unis seront nécessaires. Cela semble être un montant considérable et c’est le cas. Toutefois, ce montant est modeste par rapport aux 10 000 milliards de dollars des États-Unis déjà investis par les pays du G20 dans des mesures de relance budgétaire pour faire face aux conséquences de la pandémie. Je souhaiterais conclure en disant quelques mots sur l’explosion qui a eu lieu mardi dernier au Liban et qui a fait plus de 150 morts, plus de 6 000 blessés et plus de 300 000 sans logement. Aux habitants de Beyrouth, aux agents de santé et aux agents des services d’urgence sur le terrain : nous pensons à vous et nous continuerons à vous apporter un soutien.

Grâce à son stock stratégique situé à Dubaï, l’OMS a pu immédiatement livrer des fournitures chirurgicales et du matériel de traumatologie. Et des fonds provenant du fonds de réserve pour les situations d’urgence ont été débloqués. Notre personnel est sur le terrain et participe à l’évaluation de l’impact sur le secteur de la santé avec des partenaires nationaux et d’autres partenaires des organismes Nations Unies.

Nous expédions des articles d’équipements de protection individuelle d’une valeur de 1,7 million de USD pour soutenir les efforts de lutte contre la COVID-19 et remplacer les fournitures humanitaires qui ont été détruites par l’explosion. Par ailleurs, nous collaborons étroitement avec les autorités sanitaires nationales en vue d’améliorer les soins de traumatologie, notamment au moyen du déploiement et de la coordination d’équipes médicales d’urgence qualifiées. Nous prenons également des mesures visant à atténuer l’impact de la COVID-19, à répondre aux besoins psychosociaux et à faciliter la remise en état rapide des établissements de santé détruits. Nous avons lancé un appel de fonds d’un montant de 76 millions USD et nous vous prions de faire preuve de solidarité et de soutien à l’égard du peuple libanais.

Je vous remercie.

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