PfD : Partenaire du développement durable au Cambodge, au Nigéria et au Bénin

Equipe de PINEX avec le directeur exécutif, Jack Marrkand accompagné Taha Cynthia sur un champ-école du projet PINEX à Agbamè, commune d'Allada au Benin. Crédit : Alain Soglo, PfD

(Objectif : Créer des communautés plus dynamiques et plus résistantes, avec des dirigeants plus responsables)

Les pays sous-développement dont le Bénin bénéficient de l’accompagnement de plusieurs organisations à but non lucratif dans leur processus de développement. L’association américaine Partners for Development (PfD) travaille dans ce sens depuis deux décennies. A partir de 2011 elle a décidé de consacrer ses efforts dans trois pays dont le Cambodge, le Nigéria et le Bénin.

A travers une interview avec le directeur du bureau exécutif, Jack Marrkand, nous tentons une incursion au cœur de cette organisation avant d’échouer sur ses projets en passant par ses objectifs, ses motivations et son bilan partiel.

oddafrique.info : Comment peut-on présenter PFD ?

Jack Marrkand : Partners for Development (PfD) est une organisation américaine qui travaille avec des partenaires locaux et des organisations internationales pour adapter des solutions innovantes mais éprouvées aux besoins locaux. Créée depuis 1986, ayant son siège à Silver Spring MD, PfD se consacre au développement économique et aux services sociaux pour les populations mal desservies.  Partners for Development a commencé comme une organisation d’intervention d’urgence qui fournissait des services de gestion de subventions aux projets d’Action contre la Faim au Soudan, au Libéria, en Éthiopie et en Sierra Leone. En 1996, Partners for Development est devenu une organisation indépendante enregistrée aux États-Unis et a continué à soutenir avec succès la transition de nombreux projets actifs de l’aide d’urgence et au développement. Depuis 1996, PfD se concentre sur des programmes de développement durable, intégrés et axés sur la communauté qui aboutissent à des communautés en bonne santé ; le développement agricole, l’autonomisation économique ; etc. PfD a travaillé dans plusieurs pays en développement mais depuis 2011, il concentre ses efforts au développement dans trois pays : Cambodge, Nigéria et Bénin. 

Quelle est la mission que s’est assignée PfD ?

Le personnel et les bénévoles de PfD travaillent en partenariat avec des groupes locaux et internationaux pour améliorer la qualité de vie des personnes vulnérables dans les communautés mal desservies. Nous envisageons un monde plus juste, plus pacifique et un développement durable, et nous cherchons à responsabiliser les gens en leur donnant un meilleur accès à la formation, à l’éducation et aux ressources afin de créer des communautés plus dynamiques et plus résistantes, avec des dirigeants plus responsables.

D’où est partie l’idée de la création de PfD ? A quel besoin répond la création de cette organisation ?

L’idée de création de Partners for Development est partie du constat que les pays sous-développés et en voie de développement ont besoin d’une approche de développement plus holistique qui met au centre l’homme et respectueux de leur environnement.

Quels sont les objectifs visés par PFD ?

Partners for Development travaille pour atteindre les objectifs ci-après : le renforcement de capacité des partenaires locaux pour garantir une prise en mains effective des initiatives de développement communautaires ; l’autonomisation des femmes et des jeunes ; l’amélioration des sources de revenu des communautés vulnérables ; etc. Nos domaines d’intervention sont les suivants : santé, eau et assainissement, agriculture, microcrédit.

Quels sont vos projets à court, moyen et long terme ?

Plusieurs projets sont en cours de mise en œuvre dans les différents pays d’intervention de PfD, au Bénin, Cambodge et au Nigeria.

Au Bénin, depuis 2011, PfD travaille en partenariat avec le secteur privé agricole pour augmenter la production et les ventes. D’abord dans l’horticulture, avec le projet « Growing Resources for Enhanced agricultural Enterprises and Nutrition » (GREEN) financé par le département américain de l’Agriculture, l’USDA à hauteur de 4.3 millions de dollars (NDLR : environ 2,3 milliards FCFA), GREEN a augmenté la production et les ventes de plus de 6 000 maraîchers. Son modèle durable de développement de l’agrobusiness axé sur le marché a été évalué par l’USDA comme l’un de ses projets ayants d’impacts les plus durables, avec, après trois ans de fin de projet, une augmentation de la production et des ventes de cultures de plus de 105 %.

En 2015, PfD a reçu 10,4 millions de dollars (NDLR : environ 5,7 milliards FCFA) de l’USDA pour mettre en œuvre le projet PINEX (Pineapple Processing for Export Project). PINEX renforce la valeur de tout au long de la chaine de la filière ananas au Bénin, en travaillant avec 5 000 producteurs d’ananas, 60 entreprises de transformation de l’ananas et 13 entreprises d’exportation. Les objectives sont d’augmenter la production et les ventes à l’exportation. À ce jour, PfD a formé plus de 4 500 agriculteurs à la production moderne d’ananas et à la gestion d’entreprise, a certifié pour la première fois au Bénin, 326 hectares en bonnes pratiques agricoles mondiales (GlobalG.A.P.) et a effectué plus de 50 tournées de marché régionales et internationales. Le volume total des produits à base d’ananas a augmenté, passant d’une base de référence en 2016 de 174 459 MT à 455 286 MT en avril 2020, avec une augmentation correspondante des ventes totales de produits, passant de 23,8 millions de dollars (NDLR : environ 13,2 milliards FCFA) en 2016 à 79,1 millions de dollars (NDLR : environ 43.9 milliards FCFA) en avril 2020.

PfD a un contrat d’assistance technique de 73 000 dollars (NDLR : 40,5 millions FCFA) avec Catholic Relief Service (CRS) comme partenaire sur son projet McGovern-Dole Food for Education II pour aider à maintenir ses programmes d’alimentation scolaire dans le nord. PfD aide l’Association des agriculteurs des provinces du Borgou et d’Alibori (URP BA), à mettre en place 12 fermes communautaires pilotes, à produire des cultures locales et à conserver des récoltes et des condiments pour remplacer les produits importés. Les récoltes des fermes communautaires seront également vendues sur les marchés locaux pour acheter des ustensiles et payer le personnel de cuisine. PfD assure la formation technique des formateurs de l’URP BA sur la production de cultures orientées vers le marché, la gestion des fermes et la fourniture de séchoirs solaires et de formations pour préserver les cultures et réduire les pertes de récolte.

PfD a également un contrat d’assistance technique avec Technoserve, d’une durée de 21 mois, débutant en janvier 2020 et évalué à 250 000 dollars (NDLR : 13,8 millions FCFA). PfD fournit une formation technique et commerciale à 10 entreprises de transformation du jus de pomme de cajou.

PfD travaille également avec les réseaux de producteurs et de transporteurs de noix de cajou qui fournissent les pommes de cajou aux transformateurs de jus. Le projet a trois objectifs principaux dont l’amélioration du système de transformation du jus de pomme de cajou, la qualité du jus et les normes de sécurité alimentaire ; le développement des mélanges de jus à base de jus de pomme de cajou et d’ananas ; la formation de certaines entreprises de transformation du jus de pomme de cajou au marketing et à l’image de marque, puis aider les entreprises à participer à des visites de marché et à des foires aux produits.

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Les défis de PfD à l’instar de toute organisation à but non lucratif travaillant au Benin, s’expriment en termes de mobilisation des ressources financières locales et internationales pour la continuation des projets à grand impact dans la vie des bénéficiaires.

Quelles solutions préconisez-vous ?

L’une des solutions envisageables est de redoubler d’efforts dans la recherche de financement local, régional et international. Développer des partenariats avec des ONG intervenant dans le même domaine pour une synergie d’action génératrice d’impact plus grand en mettant en avant nos expériences de plus de 20 ans dans le domaine du développement. PfD est aussi en train d’implanter un cabinet de consultation locale au Bénin pour continuer à travailler avec les bailleurs de fonds, les ONG internationales et nationales et le secteur privé.

La composition de l’équipe de PfD

PfD est dirigée par un Conseil d’administration composé de huit membres et un Conseil Consultatif, composé de sept membres.

Jack Marrkand

Le bureau exécutif de Partners for Development est dirigé par Jack Marrkand.  Il a occupé ce poste de 1991 à 2002 et de nouveau de 2007 à ce jour. Il est également membre d’office, sans droit de vote, du conseil d’administration de PfD et, à ce titre, occupe le poste de secrétaire. M. Marrkand a travaillé avec le personnel et les partenaires à la mise en œuvre des premiers programmes du PfD, au Cambodge, en Bosnie-Herzégovine, en Somalie, au Rwanda et au Nigeria, et à l’élaboration de ses politiques et procédures.

Il possède une vaste expérience de la gestion de l’aide alimentaire, en particulier des programmes de monétisation ; il a précédemment dirigé ou travaillé pour des programmes d’autres ONG internationales en Afrique dont Catholic Relief Services, Technoserve et Africare ; dans les années 1980, il a été volontaire du Corps de la Paix au Burkina Faso. Entre 2004 et 2006, M. Marrkand a également été Directeur exécutif du Sustainable Food Center à Austin (Texas) et d’Habitat for Humanity dans le sud du Maryland. Il a obtenu un Master en Développement International et Changement Social à l’Université Clark, une université américaine fondée en 1887 et située à Worcester dans le Massachusetts.

Cynthia Taha, représentant résident de PfD au Bénin

Cynthia Taha est le représentant résident de PfD au Bénin. Mme Taha a plus de 20 ans d’expérience en tant que cadre supérieur dans le domaine du développement international. Elle a été Directrice d’une ONG, chef d’équipe et conseillère technique de l’USAID, et Chef de Partie pour l’éducation, la lutte contre la violence sexiste et l’autonomisation des femmes, la protection de l’enfance et l’agriculture. Elle a des compétences avérées en matière de planification stratégique, de conception, de gestion et d’évaluation de projets, de gestion de systèmes budgétaires, financiers et administratifs complexes, d’encadrement et de gestion du personnel. Mme Taha a conçu et rédigé des propositions gagnantes pour des projets dans les domaines de l’éducation, de la santé, du changement climatique et de l’agriculture.

Alain Soglo, directeur des programmes

Elle est assistée par le Directeur de Programmes, M. Alain Soglo. M. Soglo a plus de 30 ans d’expérience en tant que cadre supérieur dans le domaine du développement agricole au Bénin, ce qui comprend un travail approfondi avec le secteur privé, une expérience en gestion de projets et de ressources humaines, ainsi qu’une connaissance approfondie de tous les aspects de la production agricole au Bénin, y compris la chaîne de valeur des légumes, des ananas, des noix de cajou et du karité. Il a développé, géré et assuré la formation de nombreux programmes financés par des agences d’aide internationale, des ONG et des organismes gouvernementaux locaux, notamment le Centre du commerce international (ITC/OMC), l’Agence canadienne pour le développement international (ACDI), l’ambassade des Pays-Bas au Bénin, le Centre international de développement des engrais (IFDC), le ministère de l’agriculture du Bénin et le ministère du commerce du Bénin. M. Soglo est un expert en analyse des risques et maîtrise des points critiques (HACCP), un auditeur ISO 9001 :2000 certifié IRCA et un expert des normes de bonnes pratiques agricoles (Global GAP). Une équipe de coordinateurs chargés de la Production, de la Transformation et des bonnes pratiques de fabrication et d’hygiène, du Portefeuille crédit, et du Marketing.

Interview réalisée par Nafiou OGOUCHOLA

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