Afro Tchink ou quand la musique béninoise vise les grandes scènes

Rabby Slo initie l'Afro Tchink pour une musique béninoise compétitive à l'international

L’univers musical béninois est dominé par la consommation des chansons et musiques africaines et occidentales depuis plus d’une décennie. Même si des artistes béninois réussissent à sortir leur épingle du jeu, il demeure évident que c’est en copiant les musiques développées par des artistes étrangers.

L’artiste chanteur Wilfrid Hounwanou alias Rabby Slo a réussi à mettre au point une musique fidèle aux sonorités du Bénin et respectueuse des normes internationales en matière de composition musicale. Alors qu’il n’a plus rien à prouver au Bénin, pour avoir atteint le tout avec tous ses albums et la plupart de ses titres, Rabby Slo est désormais obnubilé par le désir de donner une connotation musicale à la musique béninoise capable de faire rayonner celle-ci partout dans le monde. Une bonne nouvelle assurément pour les mélomanes béninois qui ont envie de voir leurs stars arpenter les grandes scènes comme les sénégalais, congolais, camerounais et même les gabonais. « J’ai voyagé un peu partout en Afrique et à chacune de mes destinations j’ai vu des populations qui jouaient en grande majorité les œuvres musicales produites par les artistes locaux. Au Nigéria, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Cameroun, partout, vous n’entendrez aucune musique béninoise dans les bars et discothèques. C’est d’abord les artistes locaux qui travaillent sur des concepts locaux qui sont promus. Au Bénin, c’est nous qui jouons les musiques des autres. Cela n’a pas de sens. C’est un coup porté au développement de l’industrie musicale au Bénin », explique Richard Adandé, promoteur culturel à Cotonou. Un point sur lequel il est rejoint par Rabby Slo. « Il est temps que notre musique ait une identité. Quand vous allez au Cameroun, on vous parlera du Makossa, au Sénégal du Mbala, au Nigéria de l’Afro beat, au Ghana du High life, etc. Mais au Bénin, quelle est la musique qui nous permet de nous faire identifier sur le plan international ? », s’est interrogé l’artiste chanteur béninois. « Nous avons passé le temps à faire la musique des autres. Promouvoir la culture des autres. Et nous ? Qui va promouvoir notre musique ? Voilà quelques éléments qui justifient le concept Afro Tchink.  Faire l’Afro Tchink c’est manifester l’amour du Bénin, de Alokpon, de Nestor Gansou, de Tohon et autres. C’est promouvoir le Bénin car nous travaillons à ce que rythme s’impose pour que le Bénin soit rehaussé. Quand on aime son pays on travaille à promouvoir son identité », a conclu Wilfrid Hounwanou.

Daphnée OUNSOUGAN

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