Intelligence artificielle : Edith Brou révèle le potentiel des jeunes africains

Edith Brou Bleu, consultante indépendante en communication digitale

L’intelligence artificielle gagne un peu plus de terrain chaque jour, permettant de briser certaines barrières, offrant des chances égales aux citoyens du monde. A travers une tribune libre parvenue à notre rédaction, une des femmes les plus influentes du continent africain, l’ivoirienne consultante indépendante en communication digitale, Edith Brou Bleu a pondu une analyse basée sur des faits concrets et des chiffres vérifiés afin de démontrer, de façon littéraire, comment les meilleurs experts en intelligence artificielle vont émerger d’Afrique.

Lire ci-dessous, l’intégralité de ladite tribune libre.

Tribune libre de Edith Brou Bleu

Pourquoi les meilleurs experts en Intelligence Artificielle (IA) viendront du continent africain ?

 «L’Intelligence artificielle peut être une chance formidable pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable. Mais toute révolution technologique entraîne de nouveaux déséquilibres qu’il faut essayer d’anticiper», affirmait Audrey Azoulay, la Directrice générale de l’UNESCO. D’une manière ou d’une autre, nous l’avons déjà expérimentée. En Afrique comme ailleurs, l’Intelligence Artificielle impacte d’ores et déjà notre quotidien et nos activités, quel que soit le secteur, notamment à travers nos smartphones ou nos applications. Pourtant, les leaders dans ce domaine viennent souvent d’Amérique, d’Asie et d’Europe. Mais pourquoi les meilleurs experts ne pourraient-ils pas venir du continent africain ?

Malgré les chocs extérieurs, l’Afrique connait une solide croissance économique (3,4% en 2019 selon la Banque Mondiale). Mais notre continent doit faire face à de nombreux défis avant d’atteindre le niveau de développement souhaité. La pandémie de Coronavirus qui s’est propagée dans le monde aura des conséquences économiques et sociales néfastes, avec des pertes de production estimées entre 37 et 79 milliards de dollars en 2020, une contraction de la productivité agricole, l’affaiblissement des chaînes d’approvisionnement, la montée des tensions commerciales, la limitation des perspectives d’emploi et l’aggravation des incertitudes politiques et réglementaires. Pour atténuer ces effets, il est primordial de s’adapter rapidement à ces changements et saisir les opportunités offertes par l’IA afin d’aider au renforcement du capital humain et nous engager dans une croissance économique soutenue.

Pour la jeunesse africaine, les difficultés auxquelles elle est confrontée quotidiennement sont une réserve infinie de possibilités à exploiter. D’ailleurs, on remarque une véritable émulation dans un secteur en plein essor portée par un continent extrêmement jeune où 60% des Africains ont moins de 24 ans. À l’horizon 2050, 35% des jeunes dans le monde seront africains, alors que cette proportion n’était que de 15% en 2000.

Par ailleurs, le Kenya a dévoilé en 2007 un service pour répondre à la faible bancarisation de sa population appelé « M-Pesa ». Lancé par l’opérateur mobile Kenyan Safaricom, le service a aujourd’hui révolutionné les paiements mobiles sur tout le continent africain et même en Europe. Il s’agit là du premier système de micro financement et de transfert d’argent par téléphone mobile mis en place en Afrique et dans le monde. Douze ans plus tard, il est classé dans les 10 projets financiers les plus influents, et a propulsé le Kenya au sommet continental en matière d’inclusion financière.

Autre exemple au Cameroun qui traverse également une crise sanitaire où le ratio médecin/habitant en 2009 est approximativement de 1,1 médecin et 7,8 infirmières et sages-femmes pour 10.000 habitants. Afin de pallier à cette problématique, Arthur Zang, un jeune ingénieur camerounais créée le Cardiopad dont le concept est de reproduire un électrocardiogramme sur une tablette informatique à l’aide d’un logiciel. L’ingénieur permet donc aux cardiologues dans le pays d’analyser à distance les données comme la fréquence cardiaque et la durée des intervalles entre deux battements. En 2016, le Cardiopad fait un vrai succès commercial, et s’exporte déjà au Gabon, en Inde et au Népal. Preuve que l’immense potentiel de créativité des Africains n’est plus à démontrer, à travers le continent.

Des entreprises telles que Huawei à travers le lancement en juillet 2019 du premier centre d’innovation en Afrique du Sud sur le Cloud et l’Intelligence Artificielle pour stimuler l’innovation et le transfert de compétences grâce au développement d’applications dans l’industrie de l’IA. L’Égypte va également lancer son premier centre national d’IA dans le but de profiter pleinement des TIC pour se hisser au rang mondial des pays à forte croissance socio-économique.

Ces investissements financiers sont de plus en plus immenses, conjugués aux 725,6 millions de dollars ont été investis dans les startups africaines en 2018. Le nombre de réseaux de business angels ne cesse de croître, ce qui montre que les investisseurs croient dans le potentiel de l’Afrique. Mieux encore, au regard de l’importance de la technologie pour la réalisation des ODD fixés par l’Agenda 2030, plusieurs experts s’accordent à affirmer que les États africains investiront bientôt dans le développement et la mise en œuvre de l’IA.

En définitive, l’IA paraît être un moyen sûr et efficace pour assurer le développement durable de l’Afrique. Et du fait de l’extrême jeunesse et du potentiel de qualification de son capital humain, elle est à même de devenir le premier réservoir mondial d’experts en IA. La croissance exponentielle de l’usage du smartphone (projeté à 70% en 2024), la digitalisation des bases de données, de la banque en Afrique, de l’urbanisation, l’éducation et la recherche de la bonne gouvernance par la nouvelle génération sont des indicateurs qui nous donnent à espérer sur le futur du continent. Les prochains leaders de ce développement seront bien plus que des experts, si bien orientés et encadrés.

Edith Brou Bleu, consultante indépendante en communication digitale

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