Les performances des sous-développés

Le monde est constitué de nations divisées en deux grandes catégories : les développées et les sous-développées. Même si le langage s’est adouci avec le temps pour passer au concept ‘’en développement’’, il n’en demeure pas moins évident que le terme ‘’sous-développement’’ est celui qui illustre le mieux l’état de ces nations, surtout celles au sud du Sahara. C’est quoi le sous-développement ? Qu’est-ce qui y conduit ? C’est à ces interrogations que je m’en vais apporter des éléments de réponse, dans l’exercice de l’éditorial de ce jour.

Le sous-développement, c’est des mauvaises habitudes développées pendant un temps plus ou moins long. En effet, comme si personne ne s’en aperçoit, ou peu de personnes en tous cas, ce qui nous a mené au sous-développement se perpétue fils après père, arrière-petits-fils après petits-fils.

La liste des mauvaises habitudes qui jalonnent le quotidien du citoyen est exhaustive. En me bornant à citer quelques-unes, j’espère renseigner sur le fait que nous sommes loin d’avoir les comportements qu’il faut pour amorcer un développement efficace et durable. Pis, cela permettre de comprendre qu’on navigue dans le sens opposé au développement. Ainsi, nous nous enfonçons dans les méandres du sous-développement.

L’une des meilleures conventions, en matière de comportement que nous développons au quotidien, et qui s’est érigée presque en ordre social demeure la corruption. Par exemple, dans un passé récent, il était décrié le processus d’établissement de la carte nationale d’identité. J’en ai croisé un bon nombre, aux sorts divers. Pour des raisons fallacieuses,  le précieux sésame du citoyen est bloqué et celui-ci tourne en rond. Qu’on le veuille ou pas, un individu qui laisse ses activités deux ou trois heures par jour se rendre dans un lieu d’établissement de la carte nationale d’identité, aura un manque à gagner. Qu’on le veuille ou pas cet individu a perdu de l’argent puisqu’il va dépenser plus soit pour prendre du carburant soit pour prendre un transport. Mieux, le citoyen qui n’arrive pas à entrer en possession de ce sésame peut perdre une affaire. Un mandat, un voyage ou une opportunité quelconque. Les faits cités ci-dessus sont d’une fausse banalité dans certains cas. Des hommes et des femmes ont eu à perdre des opportunités pour avoir subi le diktat d’agents indélicats. S’ils avaient saisi ces opportunités, ces citoyens auraient investi au Bénin. Cela aurait créé de la richesse et des emplois. On pourrait être tenté de dire que c’est des cas particuliers ou que c’est rare, mais on oublie qu’une personne peut créer une entreprise et employer des dizaines, des centaines d’autres.

La corruption enferme l’Afrique et le Bénin dans une spirale à nulle autre pareille. Et la seule destination possible : le sous-développement aggravé. Le favoritisme calqué sur des raisons diverses et souvent inavouées est un démembrement de la corruption. Au nom de quelle autorité, un individu embauche un travailleur alors que ses compétences ne lui permettent pas de faire le travail. Et bonjour les dégâts. D’une part, les résultats sont catastrophiques, ce qui aggrave notre sous-développement. D’autre part, l’employé engagé sur la base de performances secrètes et souvent honteuses n’a pas d’égard pour la clientèle. Il y a quelques années, le premier jour ouvrable de la semaine, un employé d’une agence d’une société publique a refusé de me délivré un reçu de 3.000 FCFA parce qu’elle n’avait pas la monnaie de 5.000 FCFA. Il ne voulait pas se déplacer pour faire la monnaie dans le bureau voisin. Pour un achat de 500 ou 1.000 FCFA, un privé aurait parcouru des dizaines de mètres pour trouver la monnaie. Pas besoin de dire si j’ai encore mis pied dans cette agence. C’est quand même inimaginable, du jamais vu dans un pays développé : refuser l’argent qu’apporte un usager dans une structure de l’Etat. C’est l’accumulation de ces habitudes qui nous retardent au Bénin. Et si on continue, on va se complaire dans le sous-développement.

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