La Banque mondiale a décaissé 8.060 milliards FCFA pour l’Afrique en 2020

Kristalina Georgieva, DG FMI

Le groupe de la Banque mondiale a publié ce lundi 5 octobre 2020 l’édition 2020 de son rapport annuel d’activité. Ce nouveau document révèle que l’Afrique à bénéficier d’un financement de 1,446 milliards de dollars, soit environ 8060 milliards FCFA.

Les engagements et décaissements de la Banque mondiale en faveur de l’Afrique ont connu un bond respectivement de 36% et de 35%. Selon le rapport intitulé ‘’Prêter soutien aux pays en des temps sans précédent’’, l’institution financière a engagé 20,82 milliards de dollars pour soutenir l’Afrique. Dans la même année, elle a décaissé 1,446 milliards de dollars. Cette haute financière est le résultat des nombreuses opérations engagées pour riposter à la pandémie du coronavirus. Selon David Malpass, Président du Groupe de la Banque mondiale et Président du Conseil des Administrateurs, la pandémie de Covid-19 a posé aux pays des défis sans précédent qui les ont obligés à réagir rapidement aux fortes perturbations qu’ont connues les soins de santé, l’activité économique et les moyens de subsistance. Dans son message, il a indiqué qu’au début de la pandémie, le Groupe de la Banque a pris des mesures décisives de vaste portée pour mettre en place un mécanisme de financement accéléré en vue d’aider les pays à apporter une réponse rapide face à cette crise. « En mai, nous avions franchi un jalon important : la réalisation d’opérations sanitaires d’urgence dans 100 pays… Nous avons aidé les pays à accéder à des fournitures et matériels médicaux essentiels par un appui aux achats et à la logistique, y compris des négociations avec les fournisseurs en leur nom… Par l’entremise d’IFC et de la MIGA, nous avons fourni des fonds de roulement et des financements du commerce essentiels au secteur privé des pays en développement, en particulier aux entreprises des secteurs d’activité de base, et aidé les secteurs financiers à continuer de prêter aux entreprises locales viables », a-t-il indiqué. Il n’a pas manqué de rappeler la suspension des paiements du service de la dette bilatérale du 1er mai à la fin de 2020 qui est à l’actif de la Banque mondiale et du FMI qui ont appelé les créanciers bilatéraux publics à suspendre les paiements de la dette des pays IDA.

Durant l’exercice 20, les engagements nets de la BIRD sont montés à 28 milliards de dollars, tandis que les décaissements sont restés élevés. Les engagements nets de l’IDA sont établis à 30,4 milliards de dollars, soit 39 % de plus que l’exercice précédent. La 19e reconstitution des ressources de l’IDA a été approuvée en mars, garantissant ainsi une enveloppe financière de 82 milliards de dollars sur trois ans pour les 76 pays les plus pauvres du monde. Dans ce cadre, David Malpass a rappelé l’élargissement de l’accès aux transactions financières à faible coût, en particulier pour les femmes et d’autres groupes vulnérables, l’appui au secteur privé, qui joue un rôle essentiel dans la création d’emplois et la stimulation de la croissance économique. Durant l’exercice 20, les engagements financiers à long terme d’IFC ont augmenté, passant à 22 milliards de dollars, dont 11 milliards de dollars d’engagements propres et 11 milliards de dollars de ressources mobilisées, d’engagements d’investisseurs privés et autres. En outre, IFC a octroyé 6,5 milliards de dollars de financements à court terme. Les engagements de la MIGA se sont élevés à 4 milliards de dollars, pour des projets d’une valeur moyenne de 84 millions de dollars. Au Bénin, entre 2012 et 2020, plus d’un million de personnes dont environ 41 % de femmes ont bénéficié d’interventions qui ont amélioré la productivité agricole et augmenté le volume des exportations. Au Burkina Faso, entre 2014 et 2019, plus de 570 000 personnes supplémentaires dont 53 % de femmes ont été incluses dans le système de protection sociale du pays. Plus de 34 000 d’entre elles ont reçu des transferts monétaires adaptatifs à la suite des chocs touchant la sécurité alimentaire.

Quelques perspectives

La pandémie du coronavirus est susceptible de plonger des millions de ménages dans la pauvreté et pourrait déclencher une crise alimentaire, la production agricole africaine pouvant connaître un recul de l’ordre de 2,6 à 7 %. « Nous prévoyons de débourser jusqu’à 160 milliards de dollars au cours des 15 mois se terminant le 30 juin 2021, à travers de nouvelles opérations et la restructuration de celles existantes afin d’aider les pays à répondre aux divers besoins découlant de la pandémie. Ce montant comprendra plus de 50 milliards de dollars de ressources de l’IDA sous forme de dons et de prêts à des conditions très favorables », promet le Président du Groupe de la Banque mondiale. Il poursuit : « Nous entendons aider la région à promouvoir le capital humain, autonomiser les femmes, tirer parti des technologies numériques pour le commerce et l’efficacité de l’administration publique, préserver les investissements publics et mobiliser des financements privés dans des secteurs essentiels, encourager la création d’emplois et s’attaquer aux facteurs et aux effets du changement climatique et des conflits ». Pour soutenir les pays, l’institution prévoit stimuler le potentiel de l’Afrique à travers sa population ; soutenir une gouvernance inclusive et transformer les économies à travers des conditions propices à l’investissement et à la continuité des services gouvernementaux. L’aide de l’agence financière de Brettons Woods consiste aussi à s’attaquer aux facteurs de fragilité, de conflit et la violence. Ceci se fera grâce à l’éducation et à la formation professionnelle de nombreux jeunes. De plus, elle s’attèle à soutenir l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets, à redoubler d’efforts pour soutenir l’intégration régionale en Afrique.

Félicienne HOUESSOU

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