L’extrémisme violent a coûté 75.296 milliards FCFA entre 2007 et 2018

L’insécurité au-delà du fait qu’elle est une grave menace pour les populations s’est muée en un instrument budgétivore qui absorbe les énergies des Etats. A travers le rapport intitulé : « Mesurer les répercussions économiques de l’extrémisme violent à l’origine du terrorisme en Afrique », lancé par le Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud) et l’Institute for Economics and Peace (IEP), le jeudi 13 août 2020, il ressort qu’une bagatelle est continuellement investie pour faire face aux questions liées à l’extrémisme violent.

L’impact économique mondial du terrorisme entre 2007 et 2018 s’estimait à environ 135 milliards de dollars, soit 75.296 milliards FCFA. Ce qui correspond à une augmentation de 1700% depuis 2007. Ce chiffre est en fait une estimation prudente, avec de nombreux coûts non pris en compte et des retombées difficiles à appréhender en dollars. En effet, il faut considérer le fait que l’extrémisme violent entraîne à la fois des coûts directs dont ceux liés aux décès et aux blessures, et des coûts indirects à savoir les pertes de productivité et de revenus. Ce rapport mentionne que 16 des 18 pays ciblés ont perdu en moyenne 54.101 milliards FCFA par an en activité économique informelle depuis 2007. L’étude régionale examine l’impact des attaques sur les infrastructures et les dommages physiques, ainsi que sur les économies formelles et informelles de même que l’impact des « dépenses de sécurité » sur les processus de développement.

Les principales conclusions de l’étude révèlent que les changements de comportement entrainent la peur et une diminution de la prise de risques, que l’informalisation accrue de l’économie oblige le commerce transfrontalier à demeurer dans la clandestinité et que les coûts des entreprises changent en réponse à l’investissement dans la sécurité et à la reconstruction après la perte des infrastructures publiques.

Une autre conclusion a mis l’accent sur la façon dont l’extrémisme violent affecte les femmes actives dans l’économie informelle. Étant donné que les jeunes hommes sont plus susceptibles d’être recrutés ou emmenés de force par des extrémistes, le fardeau des femmes devient plus lourd en termes de moyens de subsistance et de soins à leurs familles. La pandémie de la Covid-19 y ajoutant de la sienne, il y a un double impact pour les femmes qui doivent assumer des responsabilités encore plus grandes. « Par conséquent, le soutien aux organisations de femmes est essentiel pour permettre aux femmes de répondre à ces besoins sociaux et économiques accrus », a confié, une chercheuse de l’IEP, Abel.

Présentant un point de vue de première main de l’État d’Adamaoua dans le nord-est du Nigéria,  le Secrétaire du gouvernement de l’État d’Adamawa, Bashiru, a relevé que les milieux touchés par l’extrémisme violent doivent être reconstruits sous tous leurs aspects, des écoles et hôpitaux aux routes et aux infrastructures sécurisées. Bien que les gouvernements ne soient souvent pas en mesure de financer le redémarrage du secteur informel, ils peuvent apporter un soutien sous forme de subventions et d’investissements à travers des mesures de protection sociale.

Les conclusions du rapport visent à donner aux principales parties prenantes et aux décideurs politiques les moyens de prendre des décisions et des choix fondés sur des preuves pour lutter contre l’extrémisme violent dans une perspective de développement durable et de soutien inclusif aux moyens de subsistance.

Falco VIGNON

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