Après 60 années d’indépendance : « Quel avenir pour l’intégration africaine ?», s’interroge Dr François Kouadio

Cyril Ramaphosa, président UA

Une colonisation diffuse et différente

L’Afrique subsaharienne, l’un des cinq (05) continents du monde s’étend sur 30.310.000 km2 et représente, en 2020,1 milliard 200 millions d’habitants.

Le continent africain, dans sa représentation politique et économique, peut être subdivisé en deux grandes périodes. La première période, celle relative à la colonisation débute en 1488 : les Portugais sont les premiers à s’intéresser à l’Afrique. Par la suite, les Européens se disputent le continent. Le véritable partage de l’Afrique débute dans le dernier quart du XXème siècle, hâté par la conférence de Berlin (1884-1885) qui a permis la constitution de grands empires coloniaux. Ces « puissances » européennes colonisatrices ont cependant été confrontées aux nombreuses résistances africaines. Toutefois,  à l’issue de la première guerre mondiale les colonies allemandes passent, en 1918, sous mandats britannique, belge et français et confortent ainsi l’hégémonie européenne qui a contraint les africains à une plus grande soumission dont une participation plus accrue à la seconde guerre mondiale. Cet environnement s’inscrit dans la même stratégie de l’esclavage qui avait été aboli dans le monde : Angleterre (1883), France (1848), aux Etats-Unis (1865), et au Brésil (1888) ; mais dans son prolongement par le travail forcé. En France, c’est seulement en 1946, que la loi Houphouët Boïgny a aboli le travail forcé : l’esclavage, la colonisation, le travail forcé, tout ceci a pesé fortement et négativement  sur l’Afrique.

La seconde période concerne l’Afrique indépendante. Ce mouvement, amorcé avant la seconde guerre mondiale s’accélère : 1995-1966, la plupart des colonies françaises et britanniques accèdent à l’indépendance. Cet éveil politique se poursuit, l’Afrique Australe dominée par les colonies portugaises, l’Angola et le Mozambique deviennent indépendants en 1975. Tandis que au Zimbabwé, la minorité blanche reste au pouvoir jusqu’en 1980. Il faut attendre les années 1990 pour que naisse une dynamique de démocratisation politique, économique et de libéralisation visible en Afrique.

Malgré ces indépendances africaines, de nombreux pays de l’Union Africaine (UA), sont encore soumis à divers régimes dans la forme « démocratie à l’africaine » et, les guerres internes et régionales et divers conflits proviennent de cette gouvernance à la carte, dans un monde globalisé sans véritable repère permettant de promouvoir une gouvernance avec compassion. De plus, l’Onu apparaît invisible, elle est virtuelle, en témoigne sa 75è conférence de 2020.

De l’Afrique ainsi morcelée, retenons en outre et notamment l’Afrique du Nord, ou Maghreb, l’Afrique du Sud, la majorité noire (75% de la population) a accédé au pouvoir d’Etat en 1994, l’Afrique Orientale allemande (Tanganyika, Rwanda et Burundi), l’Afrique orientale britannique (Kenya, Ouganda, Zanzibar et encore Tanganyika) et l’Afrique romaine, l’ensemble des territoires de l’Afrique du Nord colonisés par les Romains.

Absence constante d’unité et de stratégie

L’Union Africaine est constituée de plusieurs sous-ensembles régionaux regroupés en huit communautés économiques régionales (CER) dont fait partie l’Union du Maghreb Arabe (UMA). L’Afrique noire qui se singularise par un schéma disjoint et dualisé, est habitée essentiellement par les populations noires et, comprend quatorze ex-colonies françaises regroupées également dans les CER. La communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) avec un sous-groupe, communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à l’exception de sept (07) autres Etats et la Mauritanie non membres du sous-groupe : Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), suite aux diverses réformes et mutations, notamment : UDAO (1959), UDEAO (1966), puis CEAO (1973) et UEMOA en 1994.

Mettons et examinons ensemble un élément de ce schéma atypique de la colonisation française dit « disjoint et dualisé ». L’Afrique équatoriale française (AEF) regroupe de 1910 à 1958, les colonies du Gabon, du moyen-Congo, de l’Oubangui-Chari (Centrafrique) et du Tchad. Mais bien avant, l’Afrique Occidentale Française (AOF) fut une fédération qui regroupa de 1895 à 1958, les colonies du Sénégal, de la Mauritanie du Soudan, de la Haute-Volta, de la Guinée française, du Niger, de la Côte d’Ivoire et du Dahomey. En 1922, le Togo est partagé entre la France et la Grande Bretagne par mandats de la SDN, le pays passe ensuite sous tutelle de l’ONU en 1946… A l’analyse, après 60 ans d’indépendance, l’Afrique noire notamment l’ex-A.E.F et l’ex A.O.F se caractérisent par une absence constante d’unité et de politique pouvant favoriser la création d’une ou deux fédérations d’Etats. On pourrait être tenté d’affirmer que cela relève des relents de la colonisation française. Celle-ci n’a pas créé l’esprit d’unité, en ce sens qu’elle a créé deux blocs de colonies ayant une même zone monétaire, unique : la zone franc, avec une même monnaie, le franc CFA mais ses multiples réformes la maintiennent, cette monnaie, toujours dans un système monétaire atypique : une même monnaie, le franc cfa, en circulation selon des règles de chaque « zone », (bloc de ex-colonies), et placée sous l’autorité de deux banques centrales. La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) et la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO); au lieu d’une Banque Centrale, unique, Fédérale, prélude à la création des Etats fédérés.

La colonisation et ses relents relèvent des stratégies bien agencées, opposées à une vision exclusivement d’amour. C’est pourquoi, des siècles plus tard, en ce 21ème siècle, nous sommes toujours face à des conflits actuels de pouvoir et de leadership, contraires à l’Esprit de Dieu, enseigné par Jésus : l’amour parfait entre les hommes modèle de vie rejeté par l’Occident qui proclame la liberté et un libéralisme du reste  débridé et dans un système de gouvernance qui consiste à commander en maitres et, faire sentir sa puissance, son pouvoir, contraire également à l’Esprit de Dieu (Sainte bible, Luc 4, 16-30 ; Matthieu 20, 25). Ignorant que la vie, c’est l’amour : Car l’amour ne fait rien de mal au prochain.

Bien que les inégalités sociales deviennent plus voyantes et inacceptables à travers le monde, le modèle de vie occidental semble avoir de beaux jours devant lui, puisque les institutions de Bretton Woods, inadaptées pour cette espérance nouvelle, demeurent néanmoins les principaux vecteurs de sa promotion. En effet, le groupe de la Banque mondiale a publié un communiqué le 02 juin 2020, en ces termes : « La question du financement et de la construction d’infrastructures  productives figure parmi les enjeux du développement les plus complexes pour la reprise post pandémie. Il faudra prendre des mesures pour accélérer le processus de résolution des litiges et des faillites, ainsi que pour réformer des systèmes coûteux de subventions, de monopoles et d’entreprises d’Etat protégées qui ont eu pour effet de freiner le développement… »

L’Afrique a connu diverses tentatives d’union avortées. À ces Unions politiques d’échec, il convient de mentionner les autres initiatives plus élaborées et qui ont néanmoins connu un échec. De 1952 à 1995, on relève que 13 principales organisations interafricaines ont été dissoutes et, la durée moyenne de vie de ces institutions d’intégration n’excède que rarement 10 années. D’une manière générale, tous les modèles politiques et économiques expérimentés ont échoué. Nous sommes ainsi face à un combat de dignité et d’efficacité que, au premier plan, les cadres africains et tous les décideurs à tous les niveaux doivent s’approprier, au lieu de vivre dans un univers d’illusions alors que la grande majorité des africains de nos villes et campagnes vivent dans une pauvreté inacceptable. Dans le classement mondial, rapport PNUD 2019, des cinq continents, par l’Indice de développement humain (IDH), l’Afrique se classe au cinquième rang, derrière l’Océanie.

Quel bilan ? L’Afrique peut mieux faire.

Le tableau que voici : « scores moyens de l’indice de l’intégration régionale » dresse la qualité des politiques d’intégration en Afrique.

La commission de l’Union Africaine constate ce fouillis et cette faible intégration consécutive à une volonté politique en sommeil. Et, comme la commission n’a pas le pouvoir de donner une véritable impulsion à l’organisation, en raison du caractère « Etats-Nations » de l’Union Africaine, le continent africain peine toujours sur le chemin de son unité parfaite : la création d’un Etat unitaire, les Etats-Unis d’Afrique, à travers notamment les institutions fédérales. Citons le Fonds Monétaire Africain (FMA), la Banque Centrale Africaine, la Monnaie unique, le Parlement Africain et les autres dispositions politiques, à savoir la libre circulation totale des personnes, des biens, des capitaux et des services, ainsi que l’application effective des droits de résidence et d’établissement.

Le rapport 2016 sur l’indice de l’intégration régionale révèle qu’«Au regard des calculs effectués pour toutes les huit (08) Communautés Economiques Régionales (CER) de l’U.A, les scores d’intégration moyens des CER sont inférieurs au niveau moyen de l’échelle de 0 à 1. Ce résultat démontre que l’intégration globale des régions pourrait encore progresser de façon significative » a conclu ledit rapport. Les scores sont calculés sur une échelle de 0 (absence totale d’intégration) ; à 1 (parfaite intégration), précise l’étude conjointe Cea-Cua et Bad.

Tableau : Scores moyens de l’Indice de l’intégration régionale

C.E.RIntégration commercialeInfrastructures RégionalesIntégration productiveLibre circulation des personnesIntégration financière et macroéconomique
CAE0,780,4960.5530,7150,156
CEDEAO0,4420,4260,2650,80,611
CEEAC0,5260,4510,2930,40,599
CEN-SAD0,3530,2510,2470,4790,524
COMESA0,5720,4390,4520,2680,343
IGAD0,5050,630,4340,4540,221
SADC0,5080,5020,350,530,397
UMA0,6310,4910,4810,4930,199
Moyenne des huit CER0,540,4610,3840,5170,381

Sources : Rapport 2016 sur l’indice de l’intégration régionale coproduit par la C.U.A, la CEA et la BAD, in Rapport CEDEAO. Monrovia 2017.

Les faiblesses et dysfonctionnements

Ce sont des facteurs limitant qui résultent d’une faible volonté politique pour devenir des problèmes structurels des Organisations Intergouvernementales (OIG). Les plus importants sont notamment :

  • L’absence de leadership dans un environnement politique et économique qui s’y prête peu du fait d’une conception souvent abusive de la souveraineté nationale.
  • Les querelles politiques peu ordinaires : par exemple, l’Autorité de l’Afrique Orientale qui se composait de trois présidents cessa de se réunir après 1971, par suite du refus du Président de la Tanzanie, monsieur Nyéréré, de rencontrer le Président de l’Ouganda, monsieur Idi Amin Dada. Cette situation de « Homme-Etat » a occasionné le blocage de la plus haute Autorité de la communauté de l’Afrique orientale qui ne pouvait plus se réunir depuis 1971. Ce fut la désintégration. C’est seulement, en janvier 1996, que les mêmes Etats de la communauté défunte ont signé des accords pour ressusciter cette organisation qui a pris un nouvel essor prometteur.
  • D’une manière générale, il y a ce réel problème de non-respect strict des textes juridiques créant les institutions interafricaines. A des degrés divers, ces textes sont regardés indifféremment, parfois banalisés par la quasi-totalité des Etats membres. Dans la pratique, le pays siège de l’institution a toujours tendance à méconnaître le caractère fortement international de celle-ci et de ce fait, semble ignorer l’immunité diplomatique même du personnel de l’organisation. Dans la sous-région Ouest Africaine, on relève l’exemple de l’ex-CEAO défunte, l’actuelle UEMOA : les cas spécifiques de deux Secrétaires Généraux de l’institution, Cheikh Ibrahima Fall, en douceur, n’a pu terminer son mandat de 4 ans et, Drissa Keïta déclaré persona non grata par le pays siège, mais qui exerçait encore ses fonctions, de Août 1985 à Mars 1986, hors du siège de l’organisation. Par la suite, les Hautes Autorités de cette Union, ont créé en janvier 1994, une nouvelle organisation interafricaine « plus complète », l’union économique et monétaire Ouest Africaine (UEMOA), dont le traité a été signé le 10 janvier de la même année par les chefs d’Etats et de gouvernement.
  • La rationalisation des organisations intergouvernementales n’a pas totalement éliminé la profusion des CER et l’éparpillement des Etats : sur 53 pays d’Afrique concernés, seuls 06 sont membres d’une communauté économique, 26 de deux et 20 d’au moins trois.
  • La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) qui est entrée en vigueur le 30 mai 2019, est présentée par l’Union Africaine, comme un espoir, dans un contexte d’attente confiante : c’est un jalon essentiel dans l’intégration des économies africaines. Mais la ZLECAf pourrait devenir, manège ou duplicité politique des Etats parties, voire la dystrophie du processus d’intégration africaine. En effet, « l’Initiative Afrochampions » dans son rapport sur la mise en œuvre de la ZLECAf (cf l’Economiste du Bénin n°1729, 25 août 2020), révèle que : « globalement, le niveau d’engagement et la préparation à la mise en œuvre effective de cette zone de libre-échange, par les gouvernements africains, est de 44,48% en moyenne en termes d’engagement, et le score moyen global pour la préparation à la mise en œuvre est de 49,15%. Aucune des trois plus grandes économies du continent, l’Afrique du SUD, l’Egypte et le Nigéria ne figure dans les dix meilleures performances globales de ce classement ». la ZLECAf devrait confirmer la maturité du processus d’intégration africaine et, non l’affirmation de la souveraineté des Etats. Parce que, toute intégration africaine devrait s’adosser sur des souverainetés partagées et des intérêts communs hautement politiques et d’amour au risque, de constituer un échec programme de l’unité africaine.
  • l’Afrique devrait faire un recours raisonné, à l’ajustement structurel, vu ses limites et conséquences économiques, sociales et politiques (cf l’Economiste du Bénin n°1730, 25 Août 2020). L’Afrique doit surtout s’engager par une ferme politique dans la réalisation de l’unité africaine. Il n’existe pas un environnement particulier, voire idéal, pour battre monnaie. Les raisons évoquées par la conférence des Chefs d’Etats et de gouvernement de la CEDEAO, de septembre 2020, à Niamey, en République du Niger, ne paraissent pas suffisantes pour justifier le report, apparemment sine die de la mise en œuvre partielle du franc CFA en ECO, la monnaie sous régionale de la CEDEAO. Cependant, une convergence des efforts de bonne gouvernance reposant sur des concessions économiques et politiques permettra plus aisément, et dans un schéma unique, la création de l’ECO.
  • Les problèmes liés aux réformes constitutionnelles. Après l’ère des partis politique uniques, les constitutions africaines issues de conférences nationales ou autres arrangements politiques, ont limité le nombre de mandats d’un Président de la République à deux mandats, d’une durée, souvent de 5 ans ou 7 ans non renouvelables. Depuis les années 2000, un autre manège politique est fertilement mis en œuvre : modifier la constitution, passer d’une république à une nouvelle république, dans un but inavoué, au départ, pour le Chef de l’Etat, en fin de ses deux mandats prévus par la constitution ; et briguer un autre mandat présidentiel, en banalisant la vérité juridique, quitte à créer une possible division au sein de la nation ayant encore en veilleuse des aspects claniques. C’est l’un des tristes comportements des africains que le président Mathieu Kérékou, a qualifié d’intellectuels « tarés ». Les exemples sont légion en Afrique. Evitons toute polémique vaine et sans ressort positif. Regardons froidement les réalités africaines en cette matière. L’Union Africaine, depuis son ancêtre OUA, en passant par les CER, devrait élaborer et mettre en œuvre des dispositions transparentes et consensuelles. Le Ghana, nous semble-t-il, est désormais cité, en Afrique, comme un exemple de démocratie et d’alternance politique, pour la profonde restructuration de son système politique et de gouvernance.

Que disent les protocoles (additionnels) des institutions africaines ? La CEDEAO annonce plutôt de sanction « par graduation » (article 45, protocole additionnel) et, non de fermeture de frontières (cas récent du mali, suite aux évènements du 18 août 2020).

Doit-on s’inquiéter de la « rigueur » des Hautes Instances de la CEDEAO, s’il est avéré que c’est un chevauchement ou un amalgame dans l’application des dispositions statutaires de la Communauté, relatives au changement de régime ? Certes le Mali est membre de l’UMOA/UEMOA, dont relève la BCEAO ; mais cette banque centrale n’est pas commune à l’ensemble des quinze Etats membres de la CEDEAO. A ce titre, à moins des dispositions (les us et coutumes) contraires, nous semble-t-il, cet Institut monétaire ne peut mettre en œuvre et sans discernement les mesures financières arrêtées contre le Mali par les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO. C’est professionnel, la BCEAO par ses prérogatives doit être attentive afin de maitriser, suite aux évènements du 18 août 2020, les flux erratiques de fonds du Mali vers les autres Etats membres et l’extérieur.

Engageons-nous également dans un débat malaisé à la fois théorique et pratique, concernant les réformes constitutionnelles des Etats Africains.

La république n’induit pas nécessairement la démocratie. De même la démocratie ne suppose pas nécessairement une république. Toutefois, le républicanisme (en droit appliqué), doctrine, est le régime politique dans lequel le pouvoir est partagé et où la fonction du Chef de l’Etat  n’est ni héréditaire ni aristocratique : classe des nobles, privilégiés, élites…C’est pourquoi, toute constitution, l’ensemble des textes fondamentaux qui établissent la forme d’un gouvernement, règlent les rapports entre gouvernants et gouvernés et déterminent ainsi l’organisation des Pouvoirs publics ; qu’elle soit de la première  ou d’une nouvelle république, cette nouvelle Constitution ou révision constitutionnelle ne peut introduire un raisonnement par récurrence, une induction, une interprétation des textes fondamentaux, en ce qui concerne l’intangibilité, le caractère sacré des phrases et des articles non expressément modifiés et qui sont inclus dans la nouvelle Constitution. Le bon comportement moral, c’est être vrai devant Dieu et les hommes. Car, Dieu nous demande la pratique de la justice, du droit et de l’amour.

En effet, le Droit donne une autorité morale, c’est-à-dire, un ensemble de principes qui régissent les rapports des hommes entre eux, et qui servent à établir des règles juridiques et non de la jurisprudence. Cette justice doit permettre à chacun d’être ni pauvre, ni immensément riche. C’est ipso facto s’approprier une vie d’amour parfait pour nous éviter l’insécurité et les divers conflits structurels.

La définition d’une politique transparente, consensuelle et fondée sur une souveraineté et un leadership de raison, permettra de réduire alors les dysfonctionnements et les conflits sociaux et religieux. Ainsi les faiblesses que voilà, brièvement, rappelées plus haut, deviennent naturelles de par le fonctionnement des O.I.G.  Cette stratégie qui est contraire à toute vision hégémonique constitue un cheminement de succès de l’intégration africaine, pour les prochaines années et, surtout la voie d’un multilatéralisme inclusif, associant toutes les forces vives. 

                                                                                    De François KOUADIO

  • Ancien Fonctionnaire International,
  • Ex-membre du Comité d’Experts ad’hoc de rationalisation des O.I.G institué par les Chefs d’Etats africains

Cotonou, le 18 septembre 2020

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